L'Histoire de la Ville de St-Philippe - ville ou quartier

Commune de Saint-Philippe, Paul Clodel vous retrace son histoire:

La commune de Saint-Philippe a été créé le 4 octobre 1830.

Sur son blason on peut remarquer ceci:
En haut à gauche, les vagues et le dauphin évoquent la vocation maritime de Saint-Philippe.
En haut à droite, le volcan, une très grande partie du massif se trouve sur le territoire de la commune.
En bas, le tressage sur fond vert souligne l'artisanat du vacoa.

L"Histoire de la ville de Saint-Philippe
, le Blason"

      L'Histoire de la Ville de St-Philippe - blazon

 

Histoire de Saint-Philippe à La Réunion.


Ledit quartier, qui était créé par Joseph Hubert en 1785, avait vu un processus de séparation, elle est amorcée en 1815 par la Section du Baril, puis se précise réellement en 1822.
La revendication allait être accomplit le 04 octobre 1830. Une ordonnance du "Roi des français", numéro 625: fixant la limite de la commune de Saint-Joseph à la ravine de Basse Vallée et de même à créer la nouvelle commune de Saint-Philippe. Cependant un seul passage qui relie Saint-Joseph et Basse Vallée, un pont sur la ravine.

L'Histoire de la Ville de St-Philippe - Le pont de la ravine BV

(Photo du vieux pont de la Ravine de Basse Vallée.d'après les archives de La Réunion".) 

 

"Le territoire actuel de Saint-Philippe était à l'origine la partie extrême du quartier de Saint-Joseph, créé en 1785 par Joseph Hubert et qui s'étendait alors, de la Ravine à Panon au pays Brûlé. C'était un immense terrain de chasse et une grande forêt.

Saint-Philippe connaît ses premières installations de colons sous l'impulsion de Joseph Hubert. Dès 1735, les deux premières concessions sont attribuées. Ce n'est qu'en 1785 qu'un nouveau morcellement s'effectue, faisant ainsi 125 bénéficiaires. Elles tenaient compte du terrain presque entièrement fait de coulées volcaniques récentes qui restaient propriétés de l'État".

L'Histoire de St-Philippe- Joseph Hubert

(Photo de "Joseph Hubert" d'après les Archives Réunion).

Je citais précédemment "Roi des français"mais qui était-il et quel rôle il a joué dans la création de la commune de Saint-Philippe ?

Louis Philippe

(Le roi Louis Philippe) 


Louis-Philippe d’Orléans, Roi des Français, est né à Paris le 6 octobre 1773 et mort le 26 août 1850 à Claremont (Royaume-Uni). Il est le dernier monarque ayant régné en France sous le titre de roi.
Admirateur du régime britannique qu'il prend pour modèle, son règne est caractérisé par le développement et l'enrichissement rapide de la bourgeoisie manufacturière et financière, l'extrême misère des classes ouvrières et la paupérisation des paysans devenus ouvriers, et par des révoltes populaires incessantes qui finiront par emporter son régime.
Document Wikipedia

Louis Philippe 1

 (Le roi Louis Philippe)

Vers les 1830,les premiers Saint-Philippois vivaient surtout des ressources de la pêche. La chasse en forêt, et notamment des cultures intensives, tels que le café et le maïs.
" Malgré la dureté du travail, Saint-Philippe est un quartier où le nombre d'hommes libres reste toujours supérieur à celui des esclaves, contrairement aux autres communes de l'île".

L'Histoire de la Ville de Saint-Philippe - La case créole Musée Muséee au bon roi Louis

Photo & Doc Réunion
"La case créole musée de Saint-Philippe"

Devenue commune en 1830, Saint-Philippe est séparée de la commune de Saint-Joseph par le pont de la ravine, disons que c'est la ravine de Basse Vallée qui délimite les deux communes.

Mais pour Saint-Philippe et Sainte-Rose il fallait une borne qui marquera la frontière entre les deux communes. C'est en 1854, que le gouverneur sénateur Hubert Delisle inaugure une borne. Elle est au centre du Grand-Brûlé, à mi-distance du rempart du Tremblet et de Bois-Blanc, soit à l'intérieur de l'enclos.

La borne de St Philippe

(Borne de Sain-Philippe/Sainte-Rose)

Le 19 février 1857, a lieu l'inauguration de la seconde route de ceinture. Un décret impérial, conformément au vœu du Conseil général, lui a donné le nom de route Hubert Delisle, nom du gouverneur de l'époque. Mais comment faisait-on pour se rendre à Saint-Philippe ?
Par la charrette ou charrue ou bien à pied. A la descente des rampes de Basse Vallée, les marcheurs sont émerveillés à la vue du quartier de Basse Vallée mais surtout par cette nature luxuriante prédominante. Basse Vallée tire son nom du fait qu’il est en bas d’une falaise.

Descente de Saint-Philippe

(Descente des rampes de Basse vallée par Paul Clodel Peinture inspirée d'Antoine Roussin.)

L'ordonnance du roi des français, Louis Philippe, le 04 octobre 1830, pour la création de la ville de Saint-Philippe, allait avoir un impact économique et social sur Saint-Joseph. En effet déjà cette dernière en plus du contexte difficile qu'elle avait auparavant en 1829, vient s'ajouté la chute de sa population. 

En 1831, Saint-Philippe recensait 1586 habitants, tous d'origines saint-joséphoises. 
Mais les terrains de Saint-Philippe étaient peu inhospitalières par l'étendus de ses nombreuses coulées volcaniques. Il va qu'elle ne soit peu cultivable. Sans réseau de voies de communication et sans main d'oeuvre servile, la nouvelle commune du roi est pauvre. Elle est négligée par l'administration centrale. La solution est tournée vers la mer, et malgré ses falaises sauvages et dangereuses. 
Des embarcadères privés s'établissent et commercent au point de se concurrencer. Et les marines sont même utilisées pour "une traite interlope de noirs".

Débarcation esclave

Le 03 juin 1831, le bulletin des actes administratifs de l'île Bourbon publie l'arrêté portant promulgation de l'ordonnance royale instituant la section du Baril en commune sous le nom de Saint-Philippe, toujours en hommage à notre dévoué roi de France, Louis Philippe de Bourbon. Ses articles stipulent qu'à dater du 1er juillet 1831, la commune de Saint-Philippe continuera à faire partie de l'arrondissement de cour d'assises de l'arrondissement "Sous-le- vent et du canton de justice de paix dont Saint-Pierre est le Chef-Lieu. Il va de soit que les saint-philippois resteront compris dans le bataillons de Saint-Joseph.

Le Baril

(Le Baril, commune de Saint-Philippe) 

"Dans la seconde moitié de XIXe siècle, les grandes propriétés se convertissent à l'exploitation de la canne à sucre et formèrent les propriétés du Baril, Mare Longue et Trinité avec les usines de Baril et Trinité. Suite à la découverte en 1841 par l'esclave Edmond Albius de la fécondation artificielle de la vanille, cette dernière prend à Saint-Philippe un essor considérable. La commune devient deuxième productrice de l'île".

Usine du Baril


(L'usine du Baril, reconstitué par Paul Clodel Cochard)

Le 30 mai 1832, le trafic interlope se poursuit et cela malgré la mise en garde des autorités qui d'ailleurs informent les maires de saint-Joseph et de Saint-Philippe qu'un bateau de traite se dirige vers eux et qu'ils doivent être vigilants et doivent prendre des sanctions. Rien n'était fait et les trafiquants n'étaient pour le moins inquiétés!!! 

Le maire Marie François Auguste Leroy avait-il un lien propice à la traite interlope ?
Document ""Deux siècles et demi de l'histoire d'une famille réunionnaise,.".

Le serment lors de l’installation du Maire et de son adjoint vers 1830, Marie François Auguste Leroy:
« Je jure fidélité au Roi des Français, obéissance à la charte Constitutionnelle et aux lois...du Royaume ».
Marie François Auguste Leroy (1831-1835) était donc le premier maire de Saint-Philippe. 
"la culpabilité collective ne semble pas faire de doute : " En effet , une correspondance active entre les maires de Saint-Philippe et de Saint-Joseph d'une part et le directeur général de l'intérieur, le contrôleur et le maire de Saint-Pierre, d'autre part, laisse entendre, qu'en 1831, les partisans de la traite interlope* ont utilisé les marines de Saint-Philippe, avec l'accord des habitants et même du maire**".
Extrait de"Deux siècles et demi de l'histoire d'une famille réunionnaise,.".
* Interlope:dont l'activité n'est pas légale...
**Marie François Auguste Leroy.

Le 30 mai 1832, le trafic interlope se poursuit et cela malgré la mise en garde des autorités qui d'ailleurs informent les maires de saint-Joseph et de Saint-Philippe qu'un bateau de traite se dirige vers eux et qu'ils doivent être vigilants et doivent prendre des sanctions. Rien n'était fait et les trafiquants n'étaient pour le moins inquiétés!!! 
Le maire Marie François Auguste Leroy avait-il un lien propice à la traite interlope ?

A qui en profite l'interlope ? Et bien aux riches habitants de l'époque. Il fallait reconstruire l'économie d'une nouvelle commune et le seul moyen c'est l'esclavagisme. 
Le maire Marie François...Auguste Leroy, sans doute à des fins de magistratures jusqu'à 1835, avait fermé les yeux sur ce trafic. Pourtant le doute était présent puisqu'en 1831 il risquait la révocation d'un fonctionnaire.

Site Rivière D'abord

(Village d'esclave au Site de la Rivière d'abord" peinture de Paul Clodel, très inspirée d'une litho d'Antoine Roussin.)

"Le désir insatiable d'acquérir des richesses ne vise qu'au moyen le plus prompt d'y parvenir' Les écrits du gouverneur Cheffontaines en 1829. Et à Saint-Philippe les plantations occupent même des terrains qui ne sont selon le gouverneur Cuviller, en 1833,"qu'un détritus de laves". Ce dernier prévoit aucun avenir.

Le second maire de Saint-Philippe qui succèdent Marie François Auguste Leroy (1831-1835) était: Jean-Baptiste François Fin-Delcy, en 1835. 
On ne connaît pas grand chose de lui sauf qu'il avait vendu à Montbel Fontaine, quatre esclaves " à réméré" d'une valeur de 3533,40 F ( ANOM REU/1982-Idem acte n°20 du 23 janvier 1838). Il avait des difficultés passagères ???
Jean-Baptiste François Fin-Delcy et Benoît Charpentier étaient les témoins majeurs et requis qui figurent avec les contractants, le tuteur, les époux Fontaine Durempart et "nous notaires". 


Document de recherche: Deux siècles et demi de l'histoire d'une famille réunionnaise - Jean-Claude Félix Fontaine.

 

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La pensée d'autrui, Paul Claudel par Paul Clodel Cochard